ET UNE, ET DEUX ET TROIS ÉTOILES !
Cinq mois seulement. Et les revoilà, droits et fiers, sur la plus haute marche. La tête dans les cieux, les pieds sur le toit du monde. Le sacre d'hier est retentissant. Pas seulement parce que c'est le troisième mondial en quinze ans, mais parce qu'il a été conquis sur les terres de l'adversaire le plus féroce. Et parce qu'il vient nimber d'or une armada pétrie de talent, définitivement la meilleure sur cette bonne vieille terre.
C'est un crime de lèse-majesté. Un crime délicieux, élaboré avec patience, sans se précipiter. Un crime machiavélique. Il fallait le faire. S'avancer dans l'arène, têtes hautes, regards fiers. Et livrer bataille. Se ruer au combat pour aller briser le rêve de tout un peuple, éteindre le feu de la « Zagreb Arena », en fusion pendant cinquante minutes. Les cris et les chants n'avaient jamais cessé, jusqu'à ce que Jérôme Fernandez, Capitaine Flamme, surgisse pour planter la perle qui offrait un avantage de trois buts aux Experts. La bronca s'est alors interrompue. Les visages croates se sont fermés. Tout le monde avait bien compris. Personne ne pourrait plus empêcher les gars de France d'accrocher une troisième étoile à leur tunique. Personne. Pas même les projectiles jetés sur le parquet, ni l'intox d'Ivano Balic ou le coup de sang d'Igor Vori.